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dimanche 24 juillet 2011

Mais quelle conne !

Non, je n'insulte personne. Ah si, moi.

Je me suis retrouvée hier dans une sale situation.
Je vous explique. La vie d'une TS se résume à un rôle d'acteur où il faut faire croire à tout le monde que tout va bien alors que ce n'est pas le cas.
Comme je l'expliquais dans la partie 5 de mon histoire, dire à ses proches qu'on a l'intention de changer de sexe est, pour moi, la partie la plus difficile d'une transition.

On ne fait pas qu'avouer qu'on change de sexe, on avoue également qu'on a menti pendant des années.

Je pense être une bonne actrice puisqu'à 33 ans, personne n'a jamais rien su de moi et tout le monde croit que ma vie est un long fleuve tranquille.

Mais ces dernières semaines, différents événements mineurs sont arrivés dans ma vie. Des petits trucs sans importance. Les petits problèmes de la vie courante en quelque sorte.
Mais comme mon moral était déjà très bas, tous ces petits trucs ont pris des proportions énormes. Et j'ai atteint une zone que j'appelle la zone critique. Celle qui précède le moment où on craque et où on ne contrôle plus rien.

Il y a quelques jours, je suis allée chez mon meilleur ami et pendant qu'il était occupé je discutais avec sa copine. Quand je suis dans la zone critique, je contrôle plus difficilement mes paroles. Surtout avec elle. Je ne suis nullement attirée par elle mais je ne sais pas... avec elle j'ai toujours envie de parler. Bref, j'en ai dit un petit peu de trop sur mon état psychologique du moment et elle l'a évidemment dit à son compagnon, qui est mon meilleur ami. Dans le but de m'aider.

Hier, je suis repassée chez lui et il m'a cuisiné pendant plus d'1h :)
C'est la première fois de ma vie que quelqu'un se soucie de moi. Et franchement, ça fait bizarre.
Mais ça m'a complètement bloquée ! Quand vous avez toujours vécu en cachant votre vie, sans parler à qui que ce soit, il n'est pas très évident de parler d'un coup, comme ça.
Durant toute la conversation (enfin, c'est surtout lui qui parlait puisque j'ai fait un blocage complet) j'ai eu les larmes aux yeux. J'avais envie de lui dire, envie de tout déballer pour me soulager un peu.
Bien sûr, il y a internet avec ce blog et Twitter mais ça ne vaut pas une personne en chair et en os à qui vous pouvez parler quand rien ne va plus.

Il a tout fait mais il n'y a rien eu à faire. Je voulais vraiment tout dire mais j'en ai été incapable. J'en ai même eu des douleurs au coeur mais j'ai vraiment eu peur que tout change. Qu'il ne me voit plus de la même façon.

Résultat, j'ai pleuré toute la nuit et j'ai raté une occasion unique d'être aidée et épaulée. Il m'a tendu une super belle perche avec revêtement anti-dérapant et je n'ai pas été foutue de l’agripper. J'ai préféré me laisser couler un peu plus.

Déjà que j'étais perdue, maintenant je ne sais plus du tout quoi faire.

Alors, quand je vous dit que je suis une vraie conne, je ne crois pas me tromper.

Mon histoire - Part5

Ceci étant un blog et non une autobiographie de 254 pages, je pense qu'il est temps d'arriver à la fin de l'histoire de ma vie. En même temps, j'ai 33 ans, je n'ai pas de quoi écrire 254 pages.

A 29 ans, j'arrive enfin à décrocher mon premier boulot ! Il était plus que temps et je crois que je devais être la seule conne à être contente chaque matin d'aller bosser! D'autant plus que le boulot était une petite merveille : j'étais fonctionnaire :)
Et je vais même vous avouer que j'étais la caricature parfaite de la fonctionnaire. Je travaillais dans des écoles communales (maternelles et primaires) en tant qu'assistante administratif. Le boulot n'était pas stressant du tout, les directrices et le directeur (puisque je faisais 3 écoles) de vraies perles.

Ma plus grande crainte se situait au niveau des élèves. N'ayant jamais été une grande fan des enfants, j'avais un peu peur. Aujourd'hui, c'est eux qui me manquent le plus ! Bon, que les choses soient claires : j'en veux pas ! :) mais j'ai passé de super bons moments avec eux.

C'était maximum 2 contrats d'un an. J'ai fait les deux ans, ensuite il n'a pas été possible de prolonger puisque les écoles n'avaient plus droit aux aides à l'emploi et devaient donc me payer intégralement (enfin, pas les écoles, la Commune devrais-je dire).

Et me voilà de retour au chômage. Du coup, je fais le métier que je suis censée faire quand j'en ai la possibilité : je répare des ordinateurs.

Cette partie de ma vie est une des meilleures.

Côté transsexualité, ça ne s'arrange absolument pas. D'ailleurs, j'ai officieusement (on va dire) changé de sexe. Pour moi, aujourd'hui, je suis une femme. Point barre.
Chez moi, je le suis et j'attends avec impatience l'épilation faciale pour l'être dehors également.
Vu qu'on me confond souvent avec une femme, je pense qu'une fois l'épilation faite, tout se passera bien... je l'espère...

Restera un petit détail : les autres. Comment fait-on pour annoncer aux personnes de son entourage, c'est-à-dire amis, famille, voisin et j'en passe, qu'on change de sexe ?
Ce n'est franchement pas le genre de truc qu'on annonce entre le fromage et le dessert. Et vu que je ne suis pas du genre à me confier ou à parler de moi, ça risque d'être extrêmement difficile de le dire.
Me faire comprendre, ça, je m'en moque un peu. Je ne suis pas très famille. Donc, si ma famille ne m'accepte pas, m'en fout :) Et pour les amis, idem. En plus, des amis, on peut s'en refaire. Mais malgré ça, j'ai peur. Peur de leur réaction. C'est ridicule puisque je m'en moque. Je suis la réincarnation de la contradiction ^^

Pourtant, le moment approche. Je suis sûre de moi comme je ne l'ai jamais été. Quand je parle de moi, je le fais au féminin si je ne fais pas attention. Je suis tentée de dire que le changement est fait même si...

...Même si rien n'est fait. En effet, tant que je n'ai pas fait l'épilation faciale, je ne fais pas les démarches officielles c'est-à-dire psy, endocrino et autres joyeusetés.

En fait, j'ai eu envie de le faire. Je m'étais même renseignée auprès d'une association pour avoir l'adresse d'un psy pour me lancer mais ils n'ont pas pu m'aider (une association qui ne peut pas aider pour un truc de base comme ça, je me demande à quoi elle sert).
Et sur les forums, c'est difficile de trouver de l'aide. Sur la plupart des forums c'est du chacun pour soi et des disputes à tout va.
C'est du coup très difficile. Pourtant, tout ce que je voulais, c'était l'adresse d'un psy dans un rayon de 50km. Et 50km à l'échelle belge, ça fait la moitié du pays ^^ Bon, ok, pas à ce point :) Mais demandez à un belge de faire 50km, il vous dira que c'est super loin et embarquera son frigobox avec ses boissons et son sandwich :)
Mais rouler ne me dérange pas. Je connais le centre à Liège mais, je suis belge quand même et donc faire 100km c'est quand même un peu beaucoup et je cherchais donc une aide plus proche. Surtout que je n'ai pas entendu beaucoup de bien de cette équipe liégeoise (maintenant, comme je l'ai dit, je prends avec des pincettes ce qui est dit sur les forums).

Me voilà donc à 33 ans un peu perdue. Certaine de mes choix mais un peu bloquée sur la suite des événements.
Je ne sais pas à qui m'adresser ni par où commencer pour rendre les choses officielles.
J'ai encore quelques mois devant moi pour trouver les adresses... On verra.

J'ai zappé quelques morceaux de mon histoire pour ne pas faire trop long. Je trouve que 5 parties, c'est déjà pas mal. Si vous avez des questions, n'hésitez pas :)

vendredi 22 juillet 2011

Mon histoire - Part4

Je continuais à naviguer entre des hauts et des bas. Je m'achetais des vêtements féminins que je portais uniquement dans ma chambre (vu que j'habitais encore chez ma mère). Et lorsque tout allait bien, je jetais le tout jusqu'à ce que je retourne faire les boutiques.
Pourtant, je ne les portais que très peu car j'avais l'impression que ça n'allait pas. Ce n'était pas une femme qui portait ces vêtement, c'était un homme. C'est en tout cas ce que me disait le miroir. J'étais une femme, pas un travesti et ça me bloquait systématiquement.

A cette époque, j'avais un autre gros problème : les filles !
Jamais je n'ai eu une petite amie et nous sommes à mon 20e anniversaire. Cela commence à faire long et les questions commencent à fuser de partout sur ma possible homosexualité.
Pour rassurer mon entourage, j'avais envie de dire qu'il n'y a aucun risque qu'on me voit un jour avec un homme car tout ce qui ressemble de près ou de loin à un homme me dégoute ! Mais ce n'était peut-être pas une bonne idée de dire ça donc je disais juste que tout allait bien au niveau de ma sexualité que c'est juste que je ne trouve personne.
C'était vrai, je ne trouvais aucune fille. Je devrais plutôt dire que c'était les filles qui ne me trouvaient pas ^^
Mais ça a été à un tel point que j'ai commencé à déprimer aussi à ce niveau-là. Et de nouveau je me suis retrouvée face à un mur infranchissable. Sans compter que ma vie estudiantine était terminée et que j'étais entrée sur le marché de l'emploi qui lui non plus ne voulait pas de moi m'obligeant à rester encore et toujours chez ma mère ! Faut pas se voiler la face, il n'y avait pas un loyer aussi intéressant ailleurs ^^

J'ai 24 ans et tout va mal. Mais tout va bien. Je suis devenue une blasée de la vie : plus rien ne me surprend, plus rien ne m'étonne mais plus rien ne me rend heureuse non plus.
Donc, je vis chaque jour comme il vient. Si il est bon tant mieux, si il est mauvais tant pis. Et même si les bons jours se font rares, je supporte tout.
Mais autant de problèmes c'est difficile à gérer et il y a une limite que tout cerveau ne peut dépasser. J'arrivais à cette limite et je devais faire quelque chose de toute urgence.

J'ai donc viré le problème le plus facile : l'amour. Je me suis fixé un ultimatum : si pour mes 27 ans je n'ai toujours pas rencontré une fille, je serai célibataire pour le reste de ma vie. Le jour de mes 27 ans, j'ai définitivement arrêté de chercher l'amour. Et pour tout vous dire, ce fut une idée tellement qu'elle est bonne que j'aurais du l'avoir plus tôt !
Quand j'analyse aujourd'hui les couples, je me rends compte que l'être humain n'est pas fait pour vivre avec quelqu'un. Il y a toujours des disputes ! Souvent pour des bêtises d'ailleurs.
Moi, toute seule dans mon appart, je ne me dispute jamais avec moi-même. Je veux toujours faire la même chose que moi, manger la même chose que moi, regarder les mêmes conneries dans la boite à grimaces. Bref, c'est la symbiose parfaite entre moi et moi :)
Aujourd'hui, à 33 ans, je m'en fout complètement ! Bien au contraire : je crois que je serais incapable d'aimer et de vivre avec quelqu'un.

dimanche 17 juillet 2011

Mon histoire - Part3

Je n'étais pas vraiment sauvée. En fait, ma transsexualité était juste partie chercher du renfort. En bref, j'ai eu une vie "normale" à peine quelques mois.
Je naviguais ainsi entre des hauts et des bas. Tout allait bien pendant quelques semaines, voire quelques mois, puis de nouveau cette envie d'être de l'autre sexe.
A chaque fois, mon moral en prenait un coup et j'ai eu de plus en plus de mal à gérer mes émotions.

J'ai continué à me renfermer sur moi-même. Je ne sortais pratiquement pas et lorsque je sortais c'était seule.

Mon 16e anniversaire vient d'arriver. A 16 ans, la testostérone a eu le temps de faire pas mal de dégâts. Pourtant, on se trompait souvent sur mon sexe. J'avais régulièrement droit à un "Mademoiselle" grâce à mes longs cheveux. Oui, petite précision : j'ai toujours eu des longs cheveux. Et ils étaient nombreux à l'époque :) Je crois qu'il est inutile de vous préciser qu'un des horribles effets de la testostérone est la perte de cheveux. Heureusement pour moi, une perte assez limitée ! Juste une masse moins importante. Pour tout vous dire, c'est ce que je redoutait le plus. Chaque fois qu'il y avait trop de cheveux après une douche ou sur la brosse, je paniquais comme une malade !

Seize ans c'est l'année où je me suis découverte une nouvelle passion : la radio. Je suis devenue animatrice (enfin, animateur vu la voix ^^). J'adorais ça et absolument tout mon temps libre y passait. Et ça a duré jusqu'à aujourd'hui !
Je ne fais plus d'antenne mais je bosse encore un peu pour une radio.

Avec cette passion est née une belle contradiction : la voix !
En radio, plus la voix d'un homme est grave et mieux c'est. Il me fallait donc bien poser ma voix. Mais en tant que femme intérieurement, avoir une voix masculine ce n'était pas recommandé.
Mais la passion l'a emporté sur un problème que j'espérais toujours temporaire. Je me suis donc jetée sur la radio à fond et cela m'a beaucoup aidée. En fait, si je suis en mesure d'écrire ces quelques lignes, c'est grâce à cette passion.

En effet, arrivée à mes 18 ans, ce fut le coup de grâce. Une déprime de la mort avec envies suicidaires.
Je ne savais plus où j'en étais. Je voyais le temps passer, mon corps changer et puis surtout j'avais eu accès à de l'information.
L'information je l'ai obtenue grâce aux BBS et à la messagerie Fidonet (l'ancêtre des newsgroups) et aussi grâce à internet.
J'ai été une des premières à utiliser ce nouveau mode de communication. C'était normal : une passionnée de technologie et de communication, je DEVAIS utiliser internet.
J'ai ainsi appris que les effets de la testostérone étaient irréversibles et que tout changement du corps l'était pour la vie. Aussi bien la voix que les poils : les 2 plus grands combats d'une transsexuelle (à mon avis).
Il fallait que je fasse quelque chose et vite. Je savais à ce moment-là que le changement de sexe était possible. Mais difficile.

Le problème est que j'étais toujours étudiante, pas de revenu, un père très peu ouvert. Pour ma mère, j'avoue que je ne sais pas du tout comment elle aurait réagi et je ne sais toujours pas comment elle va réagir quand je vais lui annoncer.
Ajoutez à cela un célibat prolongé (aucune petite amie de toute ma vie), toujours le surpoids, une 2e année scolaire ratée et j'en passe.
Je me suis retrouvée devant un tel mur que j'ai fini par baisser les bras. Par me dire que c'est impossible. Que jamais je ne serai heureuse.
Il me restait donc comme unique solution que le repos éternel.

Mais il y avait la radio. Je bossais beaucoup là-bas. C'était bénévole mais c'était pour moi un moyen d'oublier et de me sentir utile. Comme ils comptaient sur moi là-bas, je ne pouvais pas partir du jour au lendemain. Je devais terminer les affaires en cours.
Oui mais, du boulot, il y en a toujours. Je n'avais donc jamais terminé.
J'ai donc été obligée de supporter ma transsexualité encore un peu. Ce qui ne fut pas une mauvaise chose car les envies suicidaires sont rapidement passées. En effet, étant assez rationnelle, je me suis rendue compte que le suicide n'était nullement une solution. Tout problème ayant une solution, il suffit de la trouver. Le suicide met effectivement un terme à un problème mais il ne le résout pas. Et moi, j'aime résoudre les problèmes.

samedi 9 juillet 2011

Mon histoire - Part2

Tout le monde sait que la partie scolaire d'une vie est un des moments les plus difficile. Les autres élèves sont rarement tendres et comme on n'a pas d'expérience en la vie, on a parfois un peu de mal à encaisser tout ce qui peut être dit.

Mon adolescence aura été aussi marquée par un surpoids.
J'ai une sale manie : je garde tout. Ma phrase préférée étant "Je garde, on ne sait jamais, ça peut servir".
Mon corps est à mon image : "Je garde tout, on ne sait jamais, ça peut servir". Résultat, chaque calorie est précieusement stockée dans le cas où je serais privée de nourriture pendant plusieurs semaines (faudrait que mon corps se rende compte qu'il ne se trouve pas dans la préhistoire et que de la bouffe il y en a plein les rayons des supermarchés !).
Toutefois, ça n'a pas été le plus grand problème de ma vie (tu m'étonnes!) : pas trop de brimades à l'école et des profs plutôt compréhensifs. Mais ça posait quand même des problèmes et n'arrangeait rien à mon moral.

Quatorze ans c'est aussi l'âge où j'ai redoublé une année. Faut pas avoir fait BAC+5 pour trouver la raison.
Vous imaginez aisément comment cela s'est passé avec les parents qui étaient persuadés que si j'avais raté mon année c'était à cause d'une fainéantise chronique et d'une puberté des plus carabinée.

C'est vrai que pour m'évader je passais mes journées sur mon ordinateur. Pas de jeux parce que je ne suis pas une grande fan mais tout un tas d'autres trucs qu'on peut faire sur un ordinateur (non connecté à internet puisque ce n'était pas encore accessible au grand public cette année-là).
Quoi que... Si internet comme on le connait n'existait pas, il y avait les serveurs privés qu'on appelait BBS. J'ai donc créé un BBS qui est un peu le précurseur d'internet. Ca me bouffait tout mon temps, c'est vrai, mais ça me faisait penser à autre chose que mes différents problèmes.

Les relations parents/enfant n'ont jamais été au beau fixe, surtout avec mon père.
Mon père, c'était du genre "un garçon qui ne sait pas manier une truelle n'est pas un vrai garçon".
Ah ben ça tombe bien, je ne suis pas un vrai garçon ! Ouais mais, ne surtout jamais dire une chose pareille. Non non, surtout pas.

Cette quatorzième année de ma vie aura été une année pivot. C'est cette année là que je me suis faite. Mais pas en bien.
Je me suis complètement fermée. Je ne parlais à personne, juste le strict nécessaire mais surtout pas de moi.
Personne ne savait vraiment qui j'étais et ce que je ressentais sur quel que sujet que ce soit.
Aujourd'hui les choses n'ont pas vraiment changé. Ce que l'on sait de moi est vraiment minime. J'essayais et j'essaie toujours, dans le mesure du possible, que mon humeur ne se fasse pas ressentir. Ce n'est pas toujours facile mais il ne faut absolument pas qu'on me pose des questions donc pour le regard des autres je dois avoir un moral au top tout le temps.

Un jour, il y a eu une fille. Une fille superbe, gentille, drôle, intelligente bref, la totale.
Ce fut la première fois que je suis tombée amoureuse.
Etant d'une grande timidité, je n'ai jamais pu lui dire. Je ne sais pas si elle l'a su un jour.
Mais grâce à elle, j'ai pu tenir le coup et ma dépression s'en est allée car plus de problème de transsexualité. J'avais donc raison depuis le début : c'est un stade normal dans la vie et ça a fini par passer !

Me voilà enfin sauvée !

lundi 4 juillet 2011

Epilation

Je viens d'apprendre une bien mauvaise nouvelle : pas d'épilation du visage avant la fin de l'été !

Nnoooonnnnn !!!!

Bon, il est donc temps pour moi de dégainer mon arme infaillible contre ce genre de nouvelle :


Mais pourquoi avons-nous du soleil cette année ?
Ne pouvons-nous avoir une belle et grande tempête apocalyptique comme l'année dernière ?

Je m'étais enfin décidée à me trouver un dermato (ou un institut). J'étais motivée à me prendre en main et tout et tout...

Je suis maudite...
J'ai parfois l'impression que tout est fait pour que je ne devienne pas la personne que j'aurais du être.

Bah, s'pas grave. Je vais passer à autre chose en attendant : la diététicienne !
Ok ok, c'est pas avec mon arme infaillible citée ci-dessus que la diététicienne sera utile...
En plus, je suis sûre qu'elle est en vacances...

Bon, j'ai un pot familial à attaquer ^^

dimanche 3 juillet 2011

Les soldes

Tiens, les soldes ont démarrés ce 1er juillet en Belgikistan.

D'après les infos, ce fut un bon démarrage. Perso, je n'y suis pas allée et la seule fois où j'ai fait les soldes le 1er jour c'est quand je n'étais pas au courant.
En fait, je suis allée en France faire quelques achats (je n'habite pas très loin de la frontière) et quand je suis arrivée sur le parking (bondé) de l'hyper, la radio m'annonce "Bon premier jour de soldes !".
Hein? Quoi?
Noooooooooonnnnnnnnnn !

Ah ben si.

Bon, pas de courses aujourd'hui alors !

Je sais : toute fille qui se respecte doit faire les soldes le premier jour. Ben pas moi ! Je ne vois pas l'intérêt de se battre pour un top ou devoir attendre 35 minutes à la caisse.

Bon, j'avoue, je fais les soldes... mais sur internet ^^ C'est facile, sans bousculade et il ne faut pas attendre 35 minutes à la caisse !

Mais cette année, je n'ai pas encore fait les soldes ni en Belgique ni en France. Même pas sur internet ! Je n'ai pas trop le temps en ce moment... Et ça m'énerve quand même ;-)

Mon histoire - Part1

Etant petite, quelque chose n'était pas normal. Je n'étais pas comme les garçons mais je n'étais pas une fille non plus.
J'ai toujours préféré être avec les filles plutôt qu'avec les garçons. Mais vu qu'on nous apprend dès notre plus jeune âge à être un mec, un vrai, en faisant certaines choses et pas d'autres, je restais avec les garçons. Et, à vrai dire, tout se passait bien.
J'étais même attirée par les filles et je le suis d'ailleurs toujours.
Par contre, les jeux seule à la maison, c'était un peu différent. A l'époque, c'était la grande mode des G.I. Joe. Pour faire comme les copains, j'en avais aussi mais je ne jouais pas énormément avec. Je préférais jouer à l'instit ou avec mes nounours.

En fait, de ce que je me rappelle, c'était moitié-moitié. Mes activités n'étaient pas 100% garçon ni 100% fille. C'était selon l'humeur du jour.

Mais en grandissant, il y avait quelque chose qui ne me plaisait pas.

J'ai 12 ans et j'entre à l'école secondaire. A cette âge, on commence à savoir ce que l'on veut, surtout du côté des vêtements. Perso, je n'ai jamais choisi mes vêtements et pour cause : je n'aimais rien. Résultat : jeans et sweat (ou T-shirt) tout le temps. Aujourd'hui, rien n'a changé sauf que je suis bien obligée de m'acheter mes fringues moi-même. Pour ne pas me prendre la tête, je vais dans le rayon et je prends ce qui est en promo. Moche pour moche, autant prendre le moins cher !

Douze ans c'est également l'âge où on commence à s'intéresser aux filles. De ce côté-là, aucun problème pour moi : les filles, c'est mon truc !
Les hormones faisant leur travail, le corps change également. Je crois qu'il est inutile de vous donner les différents changements chez la fille et le garçon. Et là, justement, ça n'allait pas. Voix qui mue, poils qui apparaissent partout et surtout sur le visage. Bref, l'horreur totale !
Chaque matin j'espérais que tout ça allait s'arrêter car je ne voulais pas de barbe et encore moins d'une voix grave. Non, moi je voulais une poitrine comme toutes les filles.

Je voulais être une fille : m'habiller comme elles, parler comme elles, avoir un corps comme le leur,...

Résultat : solitude. En effet, vu que je ne pouvais être ni dans un clan ni dans l'autre, j'étais au milieu ne sachant pas de quel côté aller. J'ai commencé à m'enfermer dans une bulle au fil des années et j'ai mis énormément de temps avant d'en sortir.

Puis, à 13 ans, j'ai entendu parler d'une personne qui a changé de sexe et qu'on appelait transsexuelle. Sans tarder, je me suis rendu sur le Google de l'époque : la bibliothèque :) Google c'est facile : un mot, un clic, Google Inc. fait le reste.
Une bibliothèque c'est tout autre chose. Il faut faire des recherches selon un auteur. Ah... un auteur... heuuu....
La solution restait le bibliothécaire. Mais allez à l'accueil demander un bouquin sur le changement de sexe quand vous avez 13 ans !
Pourtant, je voulais savoir. Savoir si j'étais normale ou si je devais être enfermée et gavée de médicaments ou subir des électrochocs.
J'ai persévéré encore et encore pour avoir ces informations. Sans vraiment de succès. J'ai juste appris que ça existait, mais sans vraiment avoir des informations. Il faut dire que dans les années 90, on ne parlait pas beaucoup de la transsexualité. Déjà que l'homosexualité était super tabou, alors le reste...

Pourtant, cette envie d'être une fille, ou plus précisément ce dégoût d'être un garçon s’amplifiait chaque jour un peu plus. Je devais savoir.
Je me rendais donc de temps en temps à la bibliothèque mais je revenais bredouille presque à chaque fois.

A 14 ans, ce fut l'horreur : j'étais tétanisée de ces changements corporels au point que j'ai fait une dépression. Personne ne l'a jamais su puisque 14 ans c'est aussi la puberté et qu'à cette âge-là on fait un peu n'importe quoi et on agit un peu n'importe comment. Donc tout a été mis sur le compte de la puberté. Même si la puberté a aussi participé au bordel que fut mon adolescence, c'était surtout mon problème d'identité qui occupait tout mon esprit. Esprit tellement occupé à chercher à comprendre que ma mémoire s'est bloquée. Dès l'âge de 14 ans, il ne m'a plus été possible de mémoriser quoi que ce soit rapidement. En fait, si. J'arrivais à mémoriser mais c'est la restitution de l'information qui prenait du temps... parfois plusieurs jours ! Si si, je pouvais donner une réponse précise sur une question qu'on m'avait posée 3, 4 ou 5 jours plus tôt ! Le plus "drôle" c'est que la réponse arrivait sans prévenir :)

Bref, la catastrophe était en train de se produire : plus rien n'allait.

Même si je n'avais que 14 ans, j'étais déjà du genre à rationaliser tout. Donc, je me suis persuadée que vouloir être une fille était quelque chose de normal à mon âge et que ça passerait.

A suivre...

vendredi 1 juillet 2011

Présentation

Bonjour,

Je m'appelle Sarah.
*la foule en choeur* Bonjour Sarah !

Si il y a bien une chose que je déteste, ce sont les présentations.  J'ai toujours l'impression d'être au tableau à l'école primaire où on doit se présenter.  Que je détestais ça et que je déteste toujours ça ! (sauf qu'aujourd'hui je ne suis plus à l'école primaire)

Je suis née en 1978, faites le calcul si vous le voulez :)
Je suis une fille qui aurait voulu être comme les autres.  En effet, il y a une petite chose qui me différencie des autres filles.  Une broutille.  Trois fois rien.  Je suis un garçon officiellement.

Pour ceux qui vivaient dans une grotte, les filles comme moi on les appelle transsexuelles.  Le problème est que ce terme est très très péjoratif à cause de tous les sites de Q et le fantasme des mecs de coucher avec une "trans" comme ils disent.
Bref, je déteste ce terme et pourtant je vais être obligée de l'utiliser puisqu'il faut appeler un chat, un chat.

Tout au long de ce journal, je vous raconterai ma vie.  Une vie assez minable mais une vie quand même.  Je tacherai d'expliquer aux néophytes ce qu'est la transsexualité en essayant de faire comprendre que je ne suis pas folle et que je veux juste une seule petite chose : vivre heureuse.

Vous verrez qu'être une fille à l'intérieur mais un garçon à l'extérieur est pénible.  Très pénible.  Il y a des suicides pour moins que ça !  Mais bon, n'étant pas suicidaire, de ce côté là, il n'y a pas de risque.
Je ne sais pas encore ce qu'il y aura ici.  En fait, j'avais besoin d'un endroit pour m'exprimer tout en restant anonyme puisque personne n'est encore au courant de mon état.

On verra :)